Focus sur les compétences transversales : le courage managérial

Focus sur les compétences transversales : le courage managérial

Les compétences transversales sont désormais la référence en matière d’évaluation. Atout concurrentiel en contexte de recrutement, vecteur de visibilité pour l’orientation scolaire et professionnelle, nouveau socle pour piloter la GPEC, puissante voie de développement pour le coaching, … tous les secteurs de la gestion de carrière s’y convertissent.

Poursuivons notre dossier spécial avec une compétence de haut niveau : le courage managérial. 

Spécifique aux fonctions managériales, cette compétence transversale est hautement convoitée sur tous les postes d’encadrement. Si encore trop peu de managers peuvent prétendre bien la maîtriser, il est possible de développer cette compétence d’exception, à condition de fournir un travail conséquent sur soi et d’être motivé à devenir un leader complet, qui saura endosser confortablement ce rôle exigeant et rayonner sur ses équipes.
Voyons ce que signifie cette compétence, ce qui la compose et comment la développer.

Le courage managérial : la compétence qui n’a pas froid aux yeux

Les scientifiques s’entendent pour définir le courage managérial comme le fait de : “ s’exprimer avec assurance et de poser des limites lorsque la situation l’exige ”. Plus que cette capacité à s’affirmer dans des situations aussi variées que complexes, c’est aussi l’expression d’un soi assumé, conscient de son potentiel et lucide sur ses limites. Humain avant tout, le manager doit savoir mettre ses émotions au service de son rôle, et faire de ses peurs, aussi naturelles qu’elles soient, une force pour avoir le courage d’être, de penser et de faire ce qu’il faut.

Car plus que jamais, le monde du travail actuel et futur n’aura été sujet à des transformations déroutantes. Dans ces conditions, le manager se doit d’être à la fois rassurant, pédagogue, fédérateur, visionnaire, décideur et pionnier, en offrant à son équipe le soutien dont elle a besoin et en s’érigeant comme la référence sur qui compter.

Les composantes du courage managérial

Plusieurs éléments constituent une compétence transversale. Ils impactent la manière dont sera mobilisée la compétence, sa maîtrise et son potentiel de développement. Au nombre de cinq, ces éléments sont :

  • La personnalité : il s’agit des traits de caractère naturels d’une personne. Plus la personne possède les traits impliqués dans une compétence, plus elle saura mobiliser facilement cette compétence et l’utiliser efficacement. Ceci dit, comme les traits de personnalité sont stables par nature, le développement d’une compétence à partir de la personnalité nécessite un travail plus difficile.

    Concernant le courage managérial, un bon dosage entre contrôle et autonomie est requis pour transmettre une vision, impulser une dynamique et assurer une présence non intrusive auprès de chacun. S’il doit être aux commandes pour tracer la voie à suivre, ce manager doit en même temps être à l’écoute de ses équipes, en sollicitant les avis et en considérant les besoins, afin d’engager chacun vers un même objectif.

    Ce manager manifeste une ambition, certes pour briguer ce rôle et se sentir légitime à l’endosser, mais avec une dose de modération, pour éviter de tomber dans le besoin excessif de valorisation de soi. Il se veut inspirant et manage humainement avec beaucoup d’authenticité. Ses actions sont conséquentes à ses paroles; il manage par l’exemple, il fait preuve d’auto-détermination et de persévérance et sait reconnaître ses erreurs et réagir pour rectifier les choses.
     
  • L’intérêt et la motivation : ils concernent ce qui la personne aime faire, ce qui la motive et ce qui la passionne. Ils sont liés au plaisir et à la satisfaction procurés par une activité. Ils impactent le développement des compétences, puisqu’une personne motivée est plus à même de fournir les efforts pour se perfectionner.

    Les principales sources de motivation impliquées dans le courage managérial sont le besoin d’influence, le dépassement de soi et le développement des autres. Ce manager souhaite avoir un impact sur les résultats de l’entreprise en intervenant dans les choix importants et en prenant une part active aux décisions. Il cherche à relever des défis en sortant de sa zone de confort afin de pouvoir se confronter à lui-même pour tendre vers le meilleur de soi. Enfin, il est stimulé à l’idée d’être un référent pour les autres et de pouvoir les aider à grandir et à se perfectionner à son contact, en étant une source d’inspiration pour autrui.
     
  • Les aptitudes : elles font appel aux savoir-être et savoir-faire de la personne et sont de l’ordre de l’acquis. Elles regroupent les aptitudes professionnelles et les soft skills, qui, grâce à leur fort potentiel évolutif, impactent favorablement le développement des compétences.

    Le courage managérial est une des compétences qui sollicitent le plus fortement les aptitudes émotionnelles. Pour être courageux dans ses fonctions managériales, il faut au préalable avoir une grande conscience de soi, pour savoir reconnaître ses forces mais aussi ses limites. Car avoir du courage managérial, c’est en plus faire preuve d’humilité pour accepter que d’autres puissent être plus compétents que soi, et leur laisser l’espace pour exister.

    Conscient de sa valeur, fort de sa confiance en soi, il endosse ses responsabilités avec solidité et sait rester en maîtrise de soi pour affronter sereinement les défis en sachant rassurer ses équipes.

    Le manager faisant preuve de courage managérial est empathique et assertif; il sait s’affirmer respectueusement mais fermement sans écraser les autres, mais surtout, il sait s’exprimer dans les situations difficiles et faire passer des messages en des termes choisis mais justes. Il ne se déleste pas de ses responsabilités lorsqu’il faut recadrer ses équipes, et il le fait au bon moment en usant de tact, de bienveillance et de fermeté. Enfin, il sait aussi manifester son désaccord avec la haute direction et engager des discussions constructives, en gardant toujours en tête le bien-être de tous et la performance de l’entreprise.
     
  • Le cognitif : il s’apparente au savoir-réfléchir de la personne et lui permet de comprendre son environnement, d’en saisir la complexité et de fournir des réponses appropriées. Le développement des capacités cognitives est conséquent aux efforts et de la personne sur les exercices à réaliser.

    Les capacités cognitives du courage managérial sont poussées puisqu’elles doivent permettre de prendre de la hauteur et d’avoir une vision globale des choses, d’identifier rapidement les enjeux d’une situation, d’évaluer avec subtilité le discours d’une personne pour en saisir la valeur, et de construire avec finesse des réponses adaptées en toutes circonstances. Ses capacités d’analyse critique, son fin discernement et son niveau de raisonnement logique permettent au manager d’être autonome et fiable pour prendre des décisions dans des situations hautement complexes.
     
  • L’environnement : toute compétence peut s’exercer efficacement si l’environnement où elle est sollicitée le lui permet. Un environnement peu favorable peut limiter le potentiel de déploiement d’une compétence. Plus une personne est en phase avec l’environnement où elle se trouve, plus elle se sentira bien et sera en mesure de donner le meilleur de soi.

    Si le courage managérial peut s’observer dans tous les environnements professionnels, les valeurs qui s’y rattachent le plus sont celles des environnements centrés à la fois sur la performance et sur l’humain. Ils permettent de miser sur des valeurs de performance et de dépassement de soi, tout en considérant le bien-être et l’inclusion dans les groupes ainsi que l’esprit d’équipe.

Pistes de développement

Pour développer le courage managérial, il faut avant tout travailler la connaissance de soi, notamment à travers un coaching individuel. Savoir qui nous sommes permet de manager en fonction de soi et non en fonction de standards imposés. Cela permet de manager selon ses forces, ses acquis, ses atouts, ses valeurs, sa touche de fantaisie, mais aussi ses vulnérabilités. Être soi dans le management permet de viser un idéal accessible, afin de perpétuellement se perfectionner et tendre vers le meilleur de soi.

Des ateliers collectifs réunissant des groupes de leader sont aussi propice au développement de cette compétence, où la dynamique de groupe impulse naturellement cette envie de développer cette compétence d’exception. Ces ateliers impliquent souvent des activités expérientielles afin de vivre diverses expériences liées aux fonctions managériales et d’ensuite faire un retour pour en analyser le vécu. C’est cette partie réflexive qui est fondamentale au développement de la compétence, puisqu’elle permet de prendre conscience de ses actions, d’en analyser la qualité et d’en dégager une connaissance pour soi, afin de renforcer ces actions, ou de les faire évoluer pour le mieux.

Enfin, le mentorat est tout indiqué pour développer cette compétence. Fréquenter d’autres managers courageux est une grande source d’inspiration. Les échanges, le partage et le soutien que cette relation procurent permet de cibler les difficultés rencontrées dans le  déploiement de cette compétence et de trouver des solutions adaptées, inspirées par le mentor à travers ses expériences et son savoir.

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